Lâcher prise : soyez un chat !6 min read

Dans notre société “moderne”, il est mal vu de glander, de ne rien faire. A tel point qu’on peut se sentir nous même coupable quand on se surprend à ne “rien faire”. “Rien faire” entre guillemets, car je n’ai jamais vu personne ne rien faire : j’ai vu des gens dormir, se relaxer, se détendre, rêvasser, méditer, respirer, etc. Bref, lâcher prise, mais jamais ne rien faire. Quoiqu’il arrive, on fait quelque chose. Tout dépend de la perception que l’on en a (culturelle, morale, contextuelle…). L’essentiel est de savoir se libérer de son agitation mentale. Voici une réflexion sur le sujet qui, j’espère, vous apportera quelques clefs personnelles pour enfin lâcher prise.

L’homme pressé

Dans le monde actuel, il faut produire quelque chose, obtenir un résultat palpable, “faire quelque chose de ses journées” et cela même le weekend. C’est la valeur “travail” si chère à nos politiques que l’on a fini par intégrer jusqu’à dans notre vie personnelle (si tant est qu’on ait plusieurs vies…). On nous apprend ça depuis toujours.

Quelques remarques parentales dans notre jeune temps auront été dans ce sens : “tu crois que c’est en restant dans le canapé que tu vas réussir dans la vie ?”. L’ado, lui n’a pas encore oublié comment lâcher prise et se détendre, mais à force de volonté, celles de ses proches d’abord puis la sienne, il finira par oublier. Il intériorisera ces jugements de valeurs, ces croyances limitantes et donc cette pression. Puis à 40 ans, il essaiera de retrouver cette insouciance…

À propos de cette exigence envers soi, est-ce que les chiens se disent : “Journée de merde, je n’ai pas creusé assez de trous dans le jardin” ou une vache : “j’aurais pu ruminer vachement plus quand même”… ? Hé oui, il suffit d’observer les animaux pour s’apercevoir qu’il n’y a rien de plus naturel que de lâcher prise. Les félins en sont bien sûr l’exemple parfait : “L’idéal du calme est dans un chat assis” disait Jules Renard. Le renard n’est d’ailleurs pas en reste pour qui en a déjà vu un se reposer, roulé en boule…

Certaines personnes arrivent à “glander”, mais c’est souvent avec de la culpabilité. Il y a l’inaction choisie et l’inaction subie (parfois aussi dans un but d’évitement plus ou moins inconscient). D’autres personnes ne savent pas se poser alors elles font des listes, plein de Todo lists. Et plus elles contrôlent leur vie plus il leur semble qu’elles perdent le contrôle. Et pour peu qu’elles n’arriveraient pas à finir leur liste ? Le jugement de soi arriverait vite. Stressant !… Inutilement stressant. Votre but n’est il pas le bonheur ? Alors lâchez vous la grappe, soyez sympa.

Et si votre vie était fluide ? Et si c’était trop facile ? C’est sûrement que quelque chose cloche, on DOIT se faire violence, ça DOIT être difficile sinon on ne mérite pas. C’est certainement que l’on n’en fait pas assez. No pain no gain comme disent les ricains. Merci la culture judéo-chrétienne !

Bien sûr il est parfois utile de développer un effort particulier pendant une durée limitée pour en tirer un confort supplémentaire plus tard. C’est tout à fait cohérent. Mais ça ne doit pas être l’intégralité de notre vie qui doit être sur ce mode.

Votre monde intérieur est aussi réel que le monde extérieur

Aucune loi divine ou terrestre n’oblige pourtant à être constamment actif. Il est même particulièrement sain pour l’esprit et le corps de s’offrir des moments de silence, d’immobilité, d’auto-hypnose naturelle et spontanée. Cela nous permet de nous recentrer, de nous laisser vivre nos sensations et de se connecter au moment présent.

Nous sommes trop souvent dans le passé, source de regrets ou dans le futur, source d’inquiétudes, qu’on en oublie que l’on ne vit qu’au présent. Quoi de mieux qu’une pause pour s’en rendre compte ?

Marshall Sahlins, un anthropologue américain a étudié des peuples de chasseur-cueilleurs et a évalué que ces 2 activités qui leur donnent leur nom n’occupaient que 3 heures dans leurs journées. Le “travail” tenait donc une part presque marginale dans la vie de nos lointains ancêtres. Le reste de leur temps était dédié à la sieste la musique, la danse, des activités sociales, à faire l’amour, etc. Puis la “modernité” est arrivée : métro-boulot-dodo… Ça aurait été dommage de rater ça, non ? Cocasse.

Sans parler de travailler aussi peu dans le monde d’aujourd’hui, il nous reste du temps. Mais qui, à part nous même, nous prive de cette liberté qu’est le relâchement à maintenant, ce présent qu’est le présent ?

Pause.

Nous avons l’habitude d’être tout le temps stimulé : télé, musique, smartphone, etc… De cette façon, on s’évite de prendre du temps pour soi, de se retrouver seul avec soi. Oui, cela peut faire peur, mais plus on l’évite, plus on en aura peur. Parfois presque jusqu’à développer une phobie de soi. Il nous semble avoir alors comme une boussole affolée en nous, qui indique toutes les directions à la fois.

Autorisez vous une pause et appréciez ce moment de liberté comme un cadeau que vous vous faites. Vous n’avez pas à le mériter, il n’y a rien à faire de particulier. Il n’y a rien à rater car il n’y a rien à réussir, juste se laisser aller. Prenez une grande inspiration et fermez les yeux un instant, observez le va-et-vient de l’air… Allez-y, allez-y, faites comme si je n’étais pas là…

Agréable, n’est ce pas ?

Lacher prise : comment faire ? Quelques pistes

Si cela vous semble difficile, planifiez tous les jours un moment de lâcher prise et de silence. Quelques minutes pour commencer. Et ralentissez vos gestes et vos pensées. Une fois cela maîtrisé, augmentez progressivement la durée de ces pauses. La vie vous offrira peut-être aussi des opportunités, comme une salle d’attente ou un rendez-vous en retard.

Avec la pratique, vous serez surpris de toute la charge mentale qui sera alors libérée. Votre boussole intérieure pourra retrouver votre Nord et vous votre paix intérieure.

Alors après avoir lu cet article, faites-moi plaisir : ne faites rien. Mieux : faites pleinement rien !… Bref, soyez un chat.

Sinon vous pouvez vous mettre à la méditation ou à la marche méditative mais chut je ne vous ai rien dit…

 

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